13 juillet 2007

Voler est toujours la plus grande aventure de l'homme

Bon ok, je n'ai pas ecrit beaucoup ces derniers temps. Well, tres occupe.
Alors pour me faire pardonner, je vais vous raconter une histoire, vecue puisque mienne recemment.

Apres que British Airways ait perdu mon bagage (qu'ils n'ont toujours pas retrouve et dont je n'ai toujours pas recu ni excuse, ni remboursement! Mon conseil: Evitez de voyager BA!!), voici donc JFK et sa securite.

Mardi soir, apres une journee dans le sauna New Yorkais (35 deg Celcius, 95% d'humidite, pas d'air et beaucoup de pollution), je me precipite a JFK pour prendre le dernier vol vers San Francisco. J'imprime moi meme mon ticket a l'une des bornes de JetBlue (excellente compagnie) et passe la securite. Jusque la, tout va bien.
Par contre, pas de San Francisco sur le tableau d'annonce des vols. Ma carte d'embarquement dit "porte 20". Comme la plupart des aeroports, JFK est en travaux pour ouvrir un nouveau terminal et des pancartes annoncent "shuttle (navette) to gate 17 to 24". Je me dis donc que SFO n'est pas sur ce tableau parce que je suis dans le mauvais terminal puisque ma porte est a la portee d'un bus.

Je me dirige alors vers le depart de la navette et la, alors que je presente ma carte d'embarquement a l'officier de securite, il m'aboie dessus dans un Anglais qu'il n'avait pas appris sous la banniere etoilee: "Zer iz no hole in your ssss". Rapidement je compris que plus il repetait, plus l'accent Indou devenait fort, ou peut etre etaient ce mes oreilles Francaises qui s'eteignaient. Comme j'etais le bouchon malgre moi d'une queue qui se formait rapidement derriere moi, la nervosite montait tout aussi rapidement jusqu'a ce que je lui demande clairement: "are you asking me if there is a hole in my ass?" (je n'ose pas traduire!)

Heureusement, l'Inde produit des officiers de securite qui ont le sens de l'humour et notre echange se transforma en un jeu de pictionnary. Voulant gagner cette partie impromptue, il s'ingenia a me montrer les "SSSS" en bas de ma carte d'embarquement et mima un poinconneur comme celui des Lilas pour m'expliquer que la securite aurait du me passer au crible a cause de ces "SSSS" et qu'une fois mon futur aerien accepte par les bulldogs galonnes, leurs crocs feraient des trous dans ces "SSSS" et la, et seulement la a-t-il ete clair, le sesame de New Dehli s'ouvrirait! Wow.

Bon. Une fois la premiere reaction du "tu deconnes?", allant vers le "bon, je ferai attention la prochaine fois, apres tout, 15 S peuvent vouloir dire Securite, je l'admets", l'homme au turban securitaire m'expliqua que je devais etre escorte au poste de securite car mon manque de trous dans mes S (sounds funnier in english: "my lack of holes in my S" :-)) faisait de moi un occupant illegal, voire dangereux, pour ne pas dire potentiellement terroriste, de ces lieux.

Sous les yeux accusateurs d'une centaine de personnes, j'ai donc attendu, sous la surveillance attentive de ma barriere enrubannee. 5, 10, 15mns... La, un autre uniforme collegue du premier arriva pour m'escorter a bon port et me remettre aux mains expertes, presque medicales des controleurs du 2nd degres (secondary screening). Les minutes qui ont suivi m'ont fait pense a Prison Break. Devrais je me faire tatouer partout? apres tout, un peu de lecture... mais avant que je ne me repasse la saison 2, le chef de l'escadrille montra un vrai sens de magnanimite avec un "let him go". Sa formule autoritaire et liberatrice declencha l'utilisation frenetique de la perforeuse sur ces monstres de S. Me voici libre de marcher entre bretzel et pizza et retourner voir mon testeur de trous. J'avais vu qu'il avait de l'humour, c'est pour cela que du bout du couloir, alors que son regard me reconnu, je lui annoncais fort et avec fierte: "I'm so happy to show you my holes". Il rit. Et comme dans un jeu video, j'eu le plaisir d'acceder a un nouveau niveau en arrivant dans ce couloir. J'attendais presque le message "saving game" :-)

La navette dure environ 25 secondes. En fait, on pouvait presque entendre "par mesure legale, nous ne pouvons pas vous faire marcher a l'exterieur, c'est pour cela que vous prenez ce bus pour faire 30 metres. je sais, c'est ridicule, mais c'est la loi"

Une fois dans le nouveau terminal. Je devrais dire, le nouveau hangar a betail, je me precipite sur le panneau d'affichage avec l'espoir d'y voir ma destination (j'en demande beaucoup, je sais). Rien. Par contre, il y a, enfin, une porte 20. J'y cours. SFO est orthographie "Pittsburg", ce qui me surprend. J'interroge une ame en uniforme JetBlue qui me rassure sur l'orthographe de San Francisco, mais me decourage en m'annoncant que 9:10pm s'ecrit pour lui Minuit.

A en croire la queue au bar, je ne suis pas le seul a avoir soif. Et a en croire, la penurie de Bieres, je ne suis pas le seul a vouloir un peu de reconfort. Et la, c'est un peu a l'hopital. Pas content d'y entrer, mais une fois dedans, on trouve toujours pire que soi. Le promiscuite de l'endroit me font dialoguer avec Bill. Il est justement de Pittsburg. Celui qui a vole ma porte. Je pourrais le hair. Or, Bill est la depuis 11h du matin. Il est 9h du soir. Cela fait 10h qu'il attend de prendre un vol qui durera un peu plus d'une heure...

J'ai du faire des progres en anglais car Bill ne reconnait manifestement mon accent et me dit, brusquement en parlant de Sicko: "and God, do I hate those French!" Chris, de netvibes, qui voyage avec moi s'etouffe dans sa biere mais ne dit rien. Quelques minutes et phases s'ecoulent ou je lui demande pourquoi? "Because they hate us". ok. Ne pensez vous pas qu'ils aient eu raison sur l'Iraq? "God. no.". Vous pensez donc que vous avez eu raison et prendriez aujourd'hui la meme decision? "Hell yes.". Chris, Californien de souche, revele a notre interlocuteur ma citoyennete.
Il replique par "Well, it won't make me change my mind". Je me demande ce qui le pourrait... et il poursuit, comme pour se justifier: "but it's not the same, you speak the language and since you're here, you like the US". Il partagera par la suite sa position sur le fait que l'emancipation de la femme est au coeur de la violence des rues parce que la mere n'est plus gardienne du foyer et jusfiera de ce raisonnement puissant pour affirmer son degout d'Hillary Clinton. J'avoue, je n'ai pas ose lui demande ce qu'il pensait de Barak Obama. Peur qu'il ne m'explique que l'emancipation des noirs est au coeur de la crise du coton! Bill est eduque, vit a Pittsburg (Porte 20!), a 3 enfants et travaille dans l'informatique.

Finalement, le vol de 9pm est parti a minuit trente. Arrivee a SFO: 3:30am PST, soit 6:30 du matin pour moi. 12 heures apres etre arrive a JFK.

Donc en ces temps d'ultra protection, d'ultra controle, qu'est ce qui peut encore vous perdre vos bagages? vous faire passer pour un delinquant ou un terroriste, vous faire mariner pendant des heures et vous faire passer une nuit blanche, vous faire rencontrer des personnes avec des perspectives differentes des votres? Le transport aerien!

Comme quoi, un siecle plus tard, voler est toujours la plus grande aventure de l'homme :-)

Bon week end a touSSSSSS ;-)

2 Comments:

Anonymous Jean-Pierre said...

La note la plus longue et la plus captivante que j'ai eu à lire depuis longtemps.

Je me demande si cet agent de sécurité peut résoudre le problème du trou de la SS (Securite sociale) chez nous :)

Quant à Bill, il faudrait vérifier s'il n'a pas participé au casting de cette vidéo.

Bonne chance à SFO, mi´me si j'avoue me délecter de la lecture de ces péripéties :=]

3:25 AM  
Blogger Freddy Mini said...

merci Jean Pierre :-)

2:23 AM  

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